Sabotier

Avant de s'installer parmi la population au XIXè Siècle, le sabotier est un marginal, un migrant.
Il vit avec sa famille dans une hutte isolée au cœur de la forêt.

Il abat les arbres comme le font les bucherons et les débite en quartiers.
Les meilleurs sabots étaient faits en bois de noyer, mais l’hiver 1709 les avaient rendus moins communs. Les sabots étaient faits surtout dans des branches de hêtres mais de façon plus ordinaire en bois blanc (peuplier, bouleau, frêne, tilleul …)
« On fait des sabots, soit avec des rondines, soit avec du bois fendu par quartiers : il faut que la rondine ou le bois fendu aient 18 à 20 pouces de circonférence pour faire un gros sabot ; de sorte que pour qu'un arbre puisse fournir quatre sabots de quartier, il faut qu'il ait au moins trois pieds de circonférence : dans les arbres plus menus, on ne peut prendre qu'un sabot dans une rondine. Lorsqu'elles ont moins que 18 pouces de grosseur, on en fait des sabots pour les femmes où les jeunes gens ; les plus petits propres aux enfants en jaquette, se nomment Cotillons ou Camions. »
Le sabotier commence à donner une forme à l’aide d’une hache ou d’une herminette, puis il fait un trou avec une vrille qu’il achève de creuser avec des tarières. Il efface les sillons avec une rouette et finit l’extérieur avec un paroir.
Ensuite pendant environ deux heures, les sabots sont exposés à la chaleur d’un feu pour les durcir et les empêcher de se fendre et leur donner de la couleur.

Un sabotier fait ordinairement une douzaine de sabots par jour.
Toute la famille participe : sa femme s’occupe des finitions et de la décoration et les enfants aident à l’entretien du feu et le transport.

Les sabots sont ensuite vendus sur les marchés ou directement à des grossistes. Ils seront très utilisés jusqu’au début du XXè par le monde des agriculteurs, des marins, dans les mines et comme chaussures de protection pour les métiers dangereux.